

{"id":17483,"date":"2019-06-10T10:05:28","date_gmt":"2019-06-10T14:05:28","guid":{"rendered":"https:\/\/old-caodanak.asban.dev\/en\/?p=17483"},"modified":"2019-06-10T10:05:28","modified_gmt":"2019-06-10T14:05:28","slug":"alanis-obomsawin-artiste-visuelle-de-caroline-montpetit-le-devoir-in-french-only","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/old-caodanak.asban.dev\/en\/alanis-obomsawin-artiste-visuelle-de-caroline-montpetit-le-devoir-in-french-only\/","title":{"rendered":"ALANIS OBOMSAWIN, ARTISTE VISUELLE, DE CAROLINE MONTPETIT \u2013 LE DEVOIR (In French only)"},"content":{"rendered":"<div id=\"attachment_15045\" style=\"width: 679px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"https:\/\/gcnwa.com\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/Illustration-Alanis-Obomsawin.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-15045\" class=\"wp-image-15045 size-large\" src=\"https:\/\/gcnwa.com\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/Illustration-Alanis-Obomsawin-1024x655.jpg\" alt=\"\" width=\"669\" height=\"428\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-15045\" class=\"wp-caption-text\"><em>Illustration: Alanis Obomsawin Alanis Obomsawin, \u00ab La grande visite \u00bb, 2007<\/em><\/p><\/div>\n<p><em><strong>Caroline Montpetit, Le Devoir, 8 juin 2019<\/strong><\/em> &#8211; Apr\u00e8s la crise d\u2019Oka de 1990, l\u2019artiste waban-akise Alanis Obomsawin, connue surtout comme documentariste, a senti le besoin de s\u2019exprimer \u00e0 travers les arts visuels. Elle cr\u00e9e alors un monotype sur plexiglas repr\u00e9sentant une t\u00eate de cheval et l\u2019intitule Cheval vert. Ce cheval vert, elle l\u2019a d\u00e9j\u00e0 rencontr\u00e9 en r\u00eave. Dans ce r\u00eave, le cheval la poursuivait tous les jours. Un jour, pour l\u2019\u00e9viter, elle entre dans une maison o\u00f9 un homme dort, qu\u2019elle ne doit pas r\u00e9veiller sous peine de se faire violer. Elle entre en contact avec le cheval et lui promet de le visiter tous les jours en \u00e9change de sa libert\u00e9.<\/p>\n<p>\u00c0 86 ans, Alanis Obomsawin pr\u00e9sente une premi\u00e8re exposition solo de ses oeuvres, surtout des gravures \u00e0 la pointe s\u00e8che, au Mus\u00e9e des beaux-arts de Montr\u00e9al. Les oeuvres pr\u00e9sent\u00e9es ont toutes \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9es apr\u00e8s 1990, m\u00eame si l\u2019artiste a commenc\u00e9 \u00e0 travailler la gravure dans les ann\u00e9es 1970. On y retrouve des th\u00e8mes chers \u00e0 l\u2019artiste, plusieurs gravures li\u00e9es au monde animal, \u00e0 l\u2019histoire am\u00e9rindienne et \u00e0 la maternit\u00e9. Une s\u00e9rie de gravures, qui montre des m\u00e8res accompagn\u00e9es de leurs enfants, s\u2019intitule M\u00e8re de tant d\u2019enfants. C\u2019est d\u2019ailleurs le nom qu\u2019Alanis Obomsawin avait donn\u00e9 \u00e0 un film qu\u2019elle a r\u00e9alis\u00e9 en 1975. \u00ab C\u2019\u00e9tait l\u2019Ann\u00e9e de la femme, se souvient-il. Mon Dieu que \u00e7a avait \u00e9t\u00e9 difficile \u00e0 r\u00e9aliser. Aujourd\u2019hui, c\u2019est plus facile, je n\u2019ai plus besoin de me battre \u00bb, dit-elle en entrevue. En g\u00e9n\u00e9ral, elle est d\u2019ailleurs tr\u00e8s optimiste au sujet de la situation des Autochtones au Canada. Elle se r\u00e9jouit de voir de jeunes Autochtones se relever et se battre plut\u00f4t que de penser au suicide. Reste que son oeuvre refl\u00e8te une partie des mis\u00e8res endur\u00e9es par les communaut\u00e9s autochtones, et waban-akise en particulier, au fil des d\u00e9cennies.<\/p>\n<p>\u00ab Dans la culture autochtone, les femmes gardaient les enfants avec elles en tout temps. Elles les portaient pour aller travailler, jusqu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e2ge de quatre ou cinq ans. C\u2019\u00e9tait un aspect tr\u00e8s important de la culture \u00bb, dit-elle. Or, l\u2019une de ses gravures, intitul\u00e9e Qu\u2019est devenu mon enfant, illustre le drame v\u00e9cu par les m\u00e8res dont les enfants ont \u00e9t\u00e9 forc\u00e9s d\u2019\u00eatre emmen\u00e9s au pensionnat. Certaines de ces m\u00e8res n\u2019ont jamais revu leurs enfants, et n\u2019ont jamais su ce qu\u2019il en \u00e9tait advenu.<\/p>\n<p><strong>Paniers tress\u00e9s<\/strong><br \/>\nL\u2019exposition pr\u00e9sente \u00e9galement des \u00e9l\u00e9ments de la culture waban-akise, dont les fabuleux paniers qui ont fait la r\u00e9putation de son peuple. \u00ab \u00c0 une certaine \u00e9poque, raconte Alanis Obomsawin, tout le monde fabriquait des paniers. \u00bb Elle dit s\u2019ennuyer du foin d\u2019odeur qui s\u00e9chait devant chaque maison, \u00e0 Odanak. Une de ses oeuvres est d\u2019ailleurs d\u00e9di\u00e9e \u00e0 Agn\u00e8s Panadis, une tresseuse de paniers connue du village. La salle du mus\u00e9e consacr\u00e9e \u00e0 l\u2019exposition propose aussi de magnifiques sp\u00e9cimens de ces paniers. Un panier de mariage, sign\u00e9 Emilia M\u2019Sadoqies, est orn\u00e9 d\u2019une multitude de petits paniers, et d\u2019un oiseau qui en porte un dans son bec. Et il faut entendre Alanis Obomsawin raconter comment sa m\u00e8re se sauvait pour \u00e9viter d\u2019aller vendre les paniers aux touristes. L\u2019exposition pr\u00e9sente aussi un col et un sac brod\u00e9 de la grand-m\u00e8re d\u2019Alanis Obomsawin, Marie-Anne Nagajoie. \u00ab Ma grand-m\u00e8re, Marie-Anne Nagajoie, disait \u201cMariah aura une vie difficile, parce qu\u2019elle refuse de faire des paniers\u201d \u00bb, raconte-t-elle.<\/p>\n<p>Une autre gravure fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 Ozonkhiline, ce Waban-Aki qui a emprunt\u00e9 les rails \u00e0 pied, d\u2019Odanak jusqu\u2019\u00e0 Darmouth College, au New Hampshire, en 1823. \u00ab C\u2019\u00e9tait une p\u00e9riode o\u00f9 on perdait toutes les terres, raconte-t-elle. L\u2019Universit\u00e9 de Darmouth \u00e9tait construite sur des terres autochtones. Pour cette raison, les Autochtones avaient le droit d\u2019y suivre des cours gratuitement. \u00bb C\u2019est l\u2019\u00e9ducation qu\u2019Ozonkhilin \u00e9tait parti chercher \u00e0 pied. \u00c0 son retour au village, Ozonkhilin est devenu un pasteur m\u00e9thodiste et a introduit le protestantisme au village.<\/p>\n<p><strong>L&#8217;importance des r\u00eaves<\/strong><br \/>\nLes r\u00eaves, tr\u00e8s importants dans la culture am\u00e9rindienne, ont toujours \u00e9t\u00e9 d\u2019un grand secours pour Alanis Obomsawin, qui a trouv\u00e9 la paix dans le sommeil. Elle se souvient que dans l\u2019un d\u2019eux, des \u00e9trangers \u00e9tablis \u00e0 Odanak voulaient l\u2019enterrer vivante parce qu\u2019elle \u00e9tait diff\u00e9rente. Dans son r\u00eave, elle a \u00e9merg\u00e9 du cimeti\u00e8re, coiff\u00e9e de bois d\u2019animaux. \u00c0 partir de ce moment, elle a pu circuler \u00e0 l\u2019aise dans le village parce qu\u2019elle \u00e9tait devenue invisible.<\/p>\n<p>Pourtant, Alanis Obomsawin est tout sauf invisible ou enterr\u00e9e. Vendredi, elle donnait des entrevues toute v\u00eatue de rouge, en hommage aux femmes et aux filles autochtones assassin\u00e9es ou disparues. C\u2019est la couleur que le mus\u00e9e a donn\u00e9e aux murs de l\u2019exposition, pour la m\u00eame raison.<\/p>\n<p><strong>Alanis Obomsawin, \u0153uvres grav\u00e9es. Une artiste et sa nation: les vanniers waban-akis d\u2019Odanak<\/strong><br \/>\n<strong> Mus\u00e9e des beaux-arts de Montr\u00e9al, du 7 juin au 25 ao\u00fbt 2019<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: right;\"><a href=\"https:\/\/www.ledevoir.com\/culture\/arts-visuels\/556303\/exposition-alanis-obomsawin-artiste-visuelle\"><em><strong>Source: Le Devoir\u00a0<\/strong><\/em><\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Caroline Montpetit, Le Devoir, 8 juin 2019 &#8211; Apr\u00e8s la crise d\u2019Oka de 1990, l\u2019artiste waban-akise Alanis Obomsawin, connue surtout comme documentariste, a senti le besoin de s\u2019exprimer \u00e0 travers les arts visuels. Elle cr\u00e9e alors un monotype sur plexiglas repr\u00e9sentant une t\u00eate de cheval et l\u2019intitule Cheval vert. 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